CHAPITRE 2.
Araleth se trouvait dans une salle de classe dans laquelle le cours qui s'y déroulait le passionnait totalement, et ce depuis qu'il avait découvert cette nouvelle discipline. C’était une discipline dure, passionnante pour certains (dont Araleth), parfois dangereuse, et capitale pour accéder à l'ultime année des prés érudits à l'issu de laquelle les étudiants pouvaient décrocher leurs " Diplômes des jeunes érudits ". Il fallait qu' Araleth l'obtienne absolument pour pouvoir déposer une candidature dans une école enseignant le second et dernier degré avant d'avoir le " Diplôme final " et être proclamé officiellement érudit.
Elle consistait à repérer si un démon ou un humain cherchait a s'emparer de son esprit, a lui empêcher d'avoir accès à des informations personnelles ou d'une importance élevée, a détecter si un ennemi lançait un sort contre vous afin d'avoir la possibilité de le contrer dans certains cas (pour les plus expérimentés). On y apprenait à utiliser son esprit comme un radar, à maîtriser les esprits, à glisser le sien dans un corps animal... Tout un tas que chose qui captivait Araleth.
C'est pourquoi, il rassembla toutes ses connaissances, espérant que son professeur l'interroge et le lui attribue une bonne note. Cependant, ce ne fut pas lui à qui le professeur s'adressa, mais à son " ennemi " de toujours. Ennemi ? Parce que pour Araleth, rien ne comptait plus que d'être le meilleur, et que justement, ce garçon-là, était un concurrent d' Araleth. Ils combattaient tout les deux pour la première place, pour être le premier, le meilleur et obtenir les meilleures appréciations.
-Haru, peux-tu m'expliquer comment savoir quand une personne quelconque essaie de s'introduire dans un esprit ?
- Oui maître. On s'en aperçoit lorsque l'on a l'impression de sentir comme des milliers de...
Araleth se mit à sourire. Son ennemi avait fait une erreur; il récitait une définition qui aurait pu convenir, certes, mais seulement si le maître avait mis le mot " sorcier " dans sa question, et non pas le terme "personne quelconque ". Là était toute l'astuce !
- Et non ! Repris le maître lorsque Haru eu fini de réciter la mauvaise définition. Ton erreur a été de ne pas faire assez attention à la question que je t'ai posé.
- Je ne comprends pas maître...
- Dans ton esprit, tu as confondu deux choses. Tu m'as retranscrit une réponse similaire à celle que j'attendais, car nous avons étudié un sujet semblable au début de cette année. Ton subconscient a oublié les souvenirs anciens pour prendre les souvenirs récents. Comprend-tu jeune érudit ?
- Oui monsieur.
Haru baissa la tête. Il avait échoué à la question. Il fulminait alors qu' Araleth jubilait. "Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres." Haru regarda Araleth et le vit sourire de contentement. Il le haïssait encore plus.
Deux contraires... Deux garçons... Deux destins différents ? Peut-être... L'avenir n'est pas encore tracé. L’un est peut-être en trop. Qui sait... Pensa Deloril, le professeur.Il savait plus de choses que d'autres... Cela l'inquiétait parfois, mais c'était comme sa.
Il reprit donc son questionnaire, des " Comment... ? ", des " Pourquoi... ? ", des " Quand... ? ", des " Ou... ?", s'enchaînèrent a une vitesse incroyable tout au long de ces quelques heures jusqu'a ce que la sonnerie qui marquait la fin des cours retentit.
*
* * * * *
- Hé, Araleth, attends-moi !
- Pas elle, pensa Araleth, je vous en prie, n'importe qui mais pas elle. Ouais... Quoi ? T'arrives quoi encore ?
La jeune fille qui l'interpellait s'appelait Merel. Grande, brune, mince, elle était néanmoins la plus belle de l' Ecole des Sciences. Habituée à voir tout les garçons à ses pieds, elle s'amusait à les rendre plus jaloux les uns que les autres et ne supportait pas qu' Araleth, le seul qui l'intéressait réellement, l'ignore.
Elle essayait par tout les moyens de le conquérir, mais lui prenait du plaisir a l'ignorer. Il n'aimait pas les filles de son genre. Celles qui se croit mieux que toutes les autres, mais qui, au fond, sont moins intéressante intérieurement que celle qui se font le moins remarquer.
A force de s'accrocher pour qu'il cède enfin à son " charme ", elle n'avait réussi qu’à se faire détester de lui. Il pensait d'elle qu'elle n'était qu'une fille trop gâtée par ses parents, qui ne supportait pas de ne pas posséder tout de suite ce qu'elle désirait.
Il savait qu'au fond, elle l'aimait, tout comme il savait qu'elle prenait les sentiments des autres pour un jeu. Il aurait pu réagir comme la moitié des idiots qui fréquentait cette école. Il aurait pu lui donner de faux espoirs, afin de lui faire comprendre ce que ressentaient tout ceux qui voyaient leurs espoirs réduits au néant. Mais non, lui il l'ignorait. Il ne faisait pas parti de ceux-la… Il était trop bon pour ça.
- Araleth, attends-moi.
Araleth hésita. S'arrêter ou continuer son chemin ? Il opta finalement pour la première solution, et se retourna :
- Quoi ? Tu veux me dire quoi ? Magne-toi, j’ai pas que ça à faire moi ! Pas le temps ni l'envie de t'attendre.
Décidemment, il était de mauvaise humeur...
- Araleth ... Dis... euh…
- Bon, t'accouches ? Grommela-t-il.
- Euh... tu sais qu'en Histoire on doit faire un exposé a deux et...
- Et... Putin, dépêche-toi... Peut-être pas toi, mais moi j'ai envie de rentrer chez moi !
- Est-ce-que-tu-veux-le-faire-avec-moi ?
- Quoi ? Vas-y répète, mais doucement parce que j'ai rien compris à ce que tu m'as dit...
- Araleth, tu voudrais pas le faire avec moi cet exposé ?
- J' sais pas… je te dirais sa demain.
- Ah, fit-elle déçue.
- C'est tout ? T'as rien d'autres à me dire, j' peux me casser d'ici ?
- Ouais, c'est bon.
Araleth reprit son chemin. Décidemment, mauvaise journée pour lui. Les cours qui l'avait insupporté au plus haut point et enfin Cérès qui l'avait encore " soûler " avec ses envies.
Oui, bien mauvaise journée... et elle n'était pas encore finie !